Je défaillis devant toi.

Je défaillis devant toi.
Je t'ai aimé plus que tu ne me le permettais. Je me suis laissé emporter par la douceur de ma naïveté, ce coussin de réconfort qui camouflait alors plutôt qu'enrayerait. J'ai tellement voulu fermer les yeux sur ce que je ne pouvais supporter, qu'en grimpant la montagne, je n'ai pas su y voir la falaise. Ce subterfuge découvert, j'ai tenté d'y tomber et tu m'as retenue de la main, prolongeant ainsi mes souffrances. J'ai désiré te détester : tu m'en as donné l'occasion - merci. Je me suis enfuie au loin, croyant m'élever. Je pensais me situer au-dessus de ton amour, de tes caresses, de tes baisers. Mon c½ur, j'en étais persuadée, palpitais sans ton avis.

Et si, ajourd'hui, j'entendais ton appel?

Tu me reviens.
Tu en es conscient, et moi, je ne veux pas le savoir.
Silence, ne réveille pas le chat qui ne dort plus.
Laisse-moi souffrir encore, éloignée, car je ne supporterais pas de me consumer à tes côtés.

# Posté le jeudi 05 novembre 2009 17:14

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 17:25

Je n'aime le silence que lorsqu'il provient de moi. J'ai en horreur qu'on me le livre, sans deuxième choix, me laissant sans voix alors que je souhaiterais me cacher derrière les mots.

Je n'aime le silence que lorsqu'il provient de moi. J'ai en horreur qu'on me le livre, sans deuxième choix, me laissant sans voix alors que je souhaiterais me cacher derrière les mots.
Elle courait. Un pas n'attendait pas l'autre. Cynthia dévalait les rues de Montréal à toute vitesse. Du bas d'une côte, on aurait pu croire qu'elle déboulait. Le temps jouait contre l'adolescente. Tout en se dirigeant en trombe vers Alexandre, elle se remémorait les événements de la veille.

Dans un élan de nostalgie, la jeune fille avait désiré revoir la maison de son enfance, située à la campagne. Cependant, Cynthia ne s'était pas voilé les yeux : elle avait grandi sans faire de bruit, avec la peur constante de déranger. Les décombres de sa mémoire croulaient sous le poids de son adolescence difficile. Ayant toujours rêvé de s'évader, Cynthia était partie habiter en ville dès sa dix-septième année. Sa mère s'était remariée entre-temps et avait déserté. Son père, lui, avait toujours brillé par son absence. Chaque fois qu'elle le pouvait, Cynthia brulait son portrait de famille dans une petite cuillère, faisant de la cocaïne sa seule héroïne. Ce bout de femme perdue avait monté les marches vers la pièce ou, autrefois, elle aimait se recueillir. En ouvrant la porte, elle s'était heurtée à une mallette au sol. Curieuse, cette dernière l'avait ouverte, pensant retrouver à l'intérieur de vieilles photographies, d'anciens journaux ou alors des lettres. Le souffle coupé, Cynthia y avait découvert 200 000 dollars.

De retour à Montréal, elle avait reçu un coup de téléphone. La voix à l'autre bout du fil lui avait lancé un ultimatum. L'information qui lui avait été donnée terrifiait par sa clarté : elle devait se présenter à vingt-deux heures au 1524 rue Sainte-Catherine, ou Alexandre mourrait. À ce moment-là, il ne lui restait que quelques minutes. Déjà, en 2003, le temps semblait l'ennemi premier de la planète.

Cynthia observait la bâtisse, hésitante. L'immeuble immense évoquait une ancienne puissance écrasée par le temps. Les murs de celle-ci s'effritaient au passage d'un doigt et les tuiles sur le toit, fatiguées de couvrir un tel délabrement, s'évadaient au moindre coup de vent, opportunistes. Seule, Cynthia pénétra néanmoins les lieux, et vit, attaché à une chaise, celui qu'elle recherchait : Alexandre. Un homme se tenait à côté de lui, un fusil à la main. À la vue de la jeune femme, ce dernier braqua son arme contre les tempes de son otage. Effrayée, Cynthia vida le contenu du sac qu'elle tenait à la main sur le sol. Satisfait, l'étranger s'échappa avec 200 000 dollars en poche.

Trois mois plus tard

Alexandre avait quitté Cynthia, sans explication, sans larmes. Assise dans le métro, une âme solitaire esquissait le monde. Dans sa tête, des images morbides se dessinaient, s'entaillaient, se découpaient. Par la fenêtre, elle observait les gens, s'amusant à les détester. Les pensées de Cynthia furent interrompues lorsque ses yeux s'arrêtèrent sur l'homme qui avait brisé son c½ur. Il riait dans le wagon voisin avec l'individu qui, autrefois, avait pointé le canon de son arme sur lui.

Les portes du chemin de fer souterrain s'ouvrirent et Cynthia se mit à courir. Elle se jura de ne jamais s'arrêter.

# Posté le mercredi 21 octobre 2009 17:16

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 14:35

Fatalité.

Fatalité.
Parfois, je ferme les yeux et je meurs. Je ne souhaite pas revivre. Je ne veux pas d'une deuxième vie. S'il en existe vraiment une, espérons que c'est celle à laquelle je mets fin. J'aurais une raison de plus d'en avoir marre, de trouver le temps long.

Souvent, comme ça,
sans préambule, je meurs.

Sans même déposer mes paupières. Arrêt complet de ma conscience. Je ne souffre pas –plus-. Revenir en arrière ne me semble pas être une solution. Je veux aller de l'avant vers la fin, la mort. J'affronte l'infaillible, et je le fais maintenant. On m'a mise au monde impatiente.

Mort.

Toujours là, à traîner dans mon esprit morbide, mais jamais suicidaire.
Pourquoi tant de contradiction, quand tout ce que l'on souhaite, c'est espérer?

# Posté le lundi 05 octobre 2009 20:24

Le creux qui nous sépare est chaque jour un peu plus grand.

Le creux qui nous sépare est chaque jour un peu plus grand.

Tu me glisses entre les doigts. Soupir. Et je souffre. Je me meurs de toi. Qu'es-tu devenu? Larme. Où est passé notre amour, celui que tu chérissais, que tu entretenais. Je me débats pour une cause que tu ne veux plus supporter. Tu me prends pour acquise parce que je suis tombé pour quelqu'un qui a déjà été toi. Tu n'as jamais été du genre à tenter de te faire pardonner, mais je m'en foutais. Respiration difficile. Parce qu'avant tu n'avais pas à le faire. Doute.

Doute, tu me blesses.

# Posté le lundi 05 octobre 2009 20:17

Je crée parce que je ne peux pas me contenter d'être. L'½uvre de l'écrivain passionné n'est que survie.

Je crée parce que je ne peux pas me contenter d’être. L’½uvre de l’écrivain passionné n’est que survie.





Les gouttes d'eau qui jaillissent de la pomme de douche ne sont plus de simples liquides. Ils coulent le long des murs, engloutissent leurs proches et deviennent plus grands, plus imposants. Ils laissent derrière eux une traînée de regrets.

Vertige montagneux, suivi d'un haut le coeur.
Je ne désire plus exister.
Enfin, pas de cette façon.

# Posté le lundi 28 septembre 2009 21:04